les limites de l'accompagnement

les limites de l'accompagnement
Est il déjà arrivé de devoir trouver un autre hébergement pour un résidant depuis votre arrivée ?
Quelle est la limite de l'accompagnement ?
Avez vous eu des décès ?
Nathalie


Effectivement depuis mon arrivée, 3 personnes ont quitté la maison.
Les raisons principales qui expliquent leur départ sont la perte de mobilité et les problèmes de santé physique.
La maison n'est pas adaptée et devient dangereuse pour les personnes qui ont de la difficulté à marcher.
La limite est difficile à déterminer, c'est du « cas par cas », on évalue en équipe les besoins du résidant et les ressources de Carpe Diem.
C'est toujours délicat de prendre cette décision, d'autant plus lorsque l'on sait que ces personnes vont aller à l'hôpital ou en CHSLD (centre d'hébergement et de soins de longue durée).
Un résidant qui a quitté Carpe Diem avant noël, a passé plusieurs semaines à l'hôpital avant de décéder. Ce monsieur ne dormait jamais la nuit, que ce soit quand il était chez lui ou à Carpe Diem. Rendu à l'hôpital, il était attaché pour ne pas se promener.
Une des anciennes résidantes de Carpe Diem a passée 7 semaines à l'hôpital avant de décéder. Il est vrai qu'il était difficile pour nous et la famille d'aller la visiter, alors que l'approche et l'environnement étaient loin de ce que l'on pouvait lui souhaiter avant de partir.
Donc pour répondre à votre question Nathalie, depuis que je suis arrivée, 3 personnes sont décédées.

# Posté le jeudi 13 mars 2008 10:23
Modifié le vendredi 04 avril 2008 14:30

une adaptation à chaque instant

Repérer les besoins des personnes ; adaptation à chaque instant ...C'est bien souvent la question, mais comment fait on ? Pratiquement et qu'est ce qui permet cela ? Sans doute un profond respect des personnes, mais sûrement pas suffisant, alors ? Caroline


Concernant l'adaptation, cela demande beaucoup d'observation de la part de l'équipe, une grande flexibilité, de la disponibilité et surtout beaucoup de communication.
Comme les situations évoluent de jour en jour, nous n'attendons pas d'avoir une réunion pour en parler. Si nous avons des questionnements ou si nous devons trouver d'autres solutions à un nouveau besoin, nous nous réunissons tout de suite en équipe.

Cette adaptation se veut flexible d'un point de vue organisationnel (réunion, rencontre avec les familles) mais également dans la maison.
Si un résidant vient nous voir et nous dit « accompagne moi prendre un bain ou une marche ». Peu importe que la personne en face de lui soit intervenante, bénévole, ou s'occupe plus de l'administratif. Nous faisons en sorte que son besoin soit satisfait.
Cela demande une équipe ouverte à cela, car nous ne faisons pas toujours ce que nous avions prévu de faire.
# Posté le jeudi 13 mars 2008 10:25
Modifié le jeudi 13 mars 2008 10:59

Est-ce que l'approche Carpe Diem est envisageable en France?

Nous n'avons peut-être pas la même législation qu'au Québec; préparer nous même les repas nous serait probablement impossible, vivre dans une vieille maison au parquet grinçant, aux escaliers un peu raides ne nous serez certainement pas permis.
Mais cela n'enlève rien à notre possibilité d'envisager l'approche Carpe Diem en France.
Car elle repose sur la conviction que l'évolution d'une personne dépend en grande partie de la façon dont on la regarde, l'envisage ou la perçoit.
C'est en respectant son rythme, son intimité, son intégrité que cela s'articule.

Cette approche est possible et dépend de la qualité et de la volonté des ressources humaines.
Il faut respecter cette philosophie, être prêt à répondre aux besoins de la personne et non pas le contraire.
Cela demande des intervenants compétents avec une capacité à développer des relations de confiance et des aptitudes à travailler en équipe.
La formation professionnelle est importante mais secondaire par rapport aux qualités humaines.

De plus, nous devons favoriser l'implication de la famille. Changer de maison, quitter ses proches, sont des moments douloureux. Nous ne devons pas nier cette souffrance et faire en sorte que cette transition entre le domicile et l'établissement se fasse le mieux possible en fonction des besoins de chacun.
Ainsi ils peuvent venir à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit et seront toujours bien accueillis par l'équipe.

A le vivre au quotidien depuis déjà quelques mois, je peux vous dire qu'effectivement, cela demande de l'adaptation et de la souplesse. Mais cela donne surtout du sens à notre travail et de beaux sourires en retour. En ne voyant pas les résidants comme des malades mais plutôt des êtres encore capables de faire des gestes du quotidien on leur permet de concerver un sentiment d'utilité et d'estime de soi.

Voilà Ninon, j'espère que j'ai répondu à votre question.

# Posté le jeudi 20 mars 2008 13:48
Modifié le jeudi 20 mars 2008 15:26

la maison sous la neige

la maison sous la neige
# Posté le jeudi 20 mars 2008 15:22

exemple en france

Prune nous fait part de son expérience grace à un commentaire dans "les limites de l'accompagnement"
n'hésitez pas vous aussi, à nous décrire votre quotidien, vos beaux combats, vos difficultés...
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# Posté le mardi 01 avril 2008 11:26

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